A l’ère du digital, les entreprises doivent faire face à de nouveaux défis et challenges qui impacteront leur fonctionnement interne, leur relation avec le client et leur présence dans le marché. Ces nouveaux challenges poussent les entreprises à repenser leur modèle vis-à-vis de ces trois composants et se poser de nouvelles questions :

  • Changer sa culture d’entreprise : comment accompagner les collaborateurs et les managers pour adopter une culture digitale ?
  • Trouver des usages innovants : comment concevoir mon business par l’expérience client et intégrer le client dans le processus d’innovation ?
  • S’adapter au marché : comment avoir un Time To Market optimal et réagir rapidement à la concurrence et aux changements de l’environnement réglementaire ?
« A l’ère du digital le temps est votre premier ennemi, comment adresser tous ces enjeux avec des cycles rapides ? »

The Lean Startup : ou innovation par l’apprentissage

C’est en 2008 qu’Eric Rise a présenté dans son bouquin « The Lean Startup » une nouvelle démarche de création de produits innovants, basée sur la pensée Lean et axée principalement sur l’expérimentation, la mesure et l’apprentissage.

« Euh… mais je suis une banque moi ! une grande structure avec des milliers de collaborateurs, des projets et des budgets énormissimes ! En quoi suis-je une startup ? »

Eric Ries a révolutionné les démarches d’innovation, pas uniquement par son approche, mais aussi par la nouvelle définition qu’il a donnée au concept de la startup :

« Une startup est un groupe d’individus constitué pour créer un nouveau produit ou service dans des conditions d’incertitudes élevées »

Une fois que l'on se donne cette définition, que vous soyez un Directeur Marketing à la recherche de nouveaux produits ou services pour ses clients, ou un Directeur des Ressources Humaines qui explore des usages innovants pour interagir avec les collaborateurs… alors vous êtes potentiellement une startup.

Dans cet article, je vais présenter trois concepts de l’approche Lean Startup pour entamer une démarche d’innovation efficace.

1. Le MVP : Minimum Viable Product

Il s’agit de le première instanciation d’une idée ou d’un concept que vous voulez réaliser. Cette première version de votre produit n’est pas censée répondre à tous les besoins de votre client, mais de récolter le maximum d’informations sur ses besoins et sur l’utilisabilité et la viabilité de votre concept.

2. La boucle du Feed Back : The Feed-back loop

Appelé aussi Boucle d’apprentissage. Il s’agit d’un processus itératif de réalisation de produit, de mesure et d’apprentissage, qui doit être le plus court possible afin d’apprendre vite pour valider les hypothèses et poursuivre sur le même chemin, ou de pivoter sur ses choix très rapidement :

Pour construire et déployer rapidement des produits, une rupture culturelle avec les méthodes classiques de gestion des projets s’impose ! On parle souvent de l'agile comme démarche indispensable de management de produit pour une transformation digitale efficace.

3. Agile Product Mangement

Les méthodes agiles reposent sur quatre valeurs fondatrices, portées par le manifeste rédigé en 2001, qui consacre le terme Agile pour référencer de multiples méthodes existantes (Je vous laisse le soin d'aller chercher le manifeste sur Google)

Pour mieux introduire et illustrer la culture agile, j'ai évoqué deux ruptures avec les démarches classiques de gestion de projet :

Rupture N° 1 : Attitude vis-à-vis du plan

Dans les modèles traditionnels de management de projets, on place souvent la planification et son respect comme un point indispensable pour la réussite du projet.

On a déjà entendu des phrases de type « Plan your work, work your plan ». On parle d’une approche prédictive dans laquelle le succès du projet est fortement corrélé au respect du plan.

A force de vouloir réussir son projet, le chef de projet cherche alors à stabiliser au maximum le scope du projet (exigences) sur la durée pour ne pas subir des changements dans le plan initial. Pour ce faire on a inventé un tas de livrables, qui ne servent qu’à verrouiller de plus en plus ces exigences : Spécifications générales, spécifications détaillées, Spécification techniques, Plan d’assurance qualité…

En agile, on tolère le changement du scope grâce à une approche adaptative :

  • Planification itérative du produit à réaliser
  • Réalisation incrémentale des fonctionnalités
  • Livraisons fréquentes pour mesurer et apprendre rapidement
  • Priorisation permanente par valeur métier : réduire l’effet 50% du gâchis

Rupture N° 2 : Attitude vis-à-vis du processus

La deuxième rupture culturelle concerne l’attitude vis-à-vis du processus.

Dans les démarches traditionnelles, on conçoit souvent des processus sophistiqués et très génériques de gestion de projets dans lesquels on place les ressources (très mauvais terme d’ailleurs pour décrire des femmes et des hommes), sans une vraie considération de leurs spécificités ni du produit à réaliser.

La culture agile (re)met l’humain au centre : « les individus et leurs interactions sont plus valorisés que les processus et les outils » (première valeur fondatrice du manifeste agile). C’est l’équipe elle-même qui doit trouver le meilleur dispositif pour collaborer et s’interagir.

Une équipe agile est avant tout une équipe Co-localisée (partage le même espace de travail), organisée autour d’un produit (culture produit et non projet) et partageant les mêmes visions et objectifs.

Les femmes et les hommes de cette équipe vont alors adopter et adapter l’organisation et le processus qu’ils jugent adéquats pour l’atteinte de cette vision et ces objectifs.

Conclusion

« La transformation digitale est avant tout une révolution culturelle »

Celui qui a dit que le changement était douloureux n'a pas encore essayé la rupture !

Si vous prenez la transformation digitale uniquement sous le prisme des outils et technologies, vous vous tromperez de bataille !

Il est indispensable ; à mon sens ; de repenser tous les modèles organisationnels actuels de façon courageuse, d'oser des ruptures culturelles profondes et de tester de nouvelles approches de travail sans craindre l'échec.